L’Arrêt public

Affiche de lancement de la saga L’Arrêt public, arrêt de bus au crépuscule, silhouettes en marche, chat norvégien Solo au premier plan

L’arrêt public est une petite saga de gestes ordinaires pour préserver le commun

Cette série est née d’une inquiétude que je n’arrive plus à balayer d’un revers de main, et d’un petit entêtement assez français, celui qui consiste à râler intérieurement puis à se dire qu’il serait peut être temps d’arrêter de râler et de faire quelque chose même si ce quelque chose commence modestement, à hauteur de mots, de regards et de gestes ordinaires.

Je n’ai pas l’intention de faire un texte d’actualité déguisé, ni de jouer au procureur, ni d’écrire une leçon avec un stylo rouge dans la marge, d’abord parce que je n’ai pas de stylo rouge, ensuite parce que je suis trop conscient de mes propres contradictions. Il y a déjà assez de gens qui parlent fort, j’aimerais plutôt parler juste, parfois sourire, parce que le sourire est une arme délicate, il ne fait pas de dégâts collatéraux, il remet de l’air.

Le point de départ est simple. Les dystopies ne commencent presque jamais avec le bruit des bottes, elles commencent avec des habitudes, des lassitudes, des phrases minuscules qui se glissent partout, et un jour on se réveille dans un décor qu’on n’aurait pas choisi, en se demandant comment c’est arrivé, alors qu’en réalité on y est entrés par petites portes, parfois « à l’insu de notre plein gré », et j’ai un vrai talent pour ça, j’entre dans des choses sans m’en rendre compte, j’ai déjà accepté des réunions à 18h30 en croyant que c’était un café.

Alors je prends un détour. Je garde en toile de fond Star Wars, non pas pour faire le fan en peignoir Jedi, je serais ridicule et je le sais, mais parce que la fiction est une façon élégante de regarder le réel sans le pointer du doigt et de permettre au lecteur de faire ses propres ponts, tranquillement, sans se sentir attrapé par le col.

Chaque épisode proposera un geste, un seul, simple, accessible, presque évident, pourtant décisif. Je dirai ce que je crois observer au “je”, avec mes angles morts et mes faiblesses, puis nous chercherons au “nous” comment fabriquer une utopie praticable, pas une utopie en sucre, une utopie de courage ordinaire, celle qui tient debout parce qu’elle ne demande pas des héros mais des humains.

Et comme j’ai besoin de discipline autant que d’espoir, je vais écrire ça comme une petite saga, épisode après épisode, avec des suites au prochain épisode, parce que c’est aussi une manière de se rappeler que rien ne se joue en un seul chapitre, et que le monde, même quand il fait peur, reste un récit ouvert.

l’épisode I : Épisode I : Le premier geste

Note d’intention :
Je vais avancer lentement, un épisode à la fois, parce que les grandes idées deviennent vite des slogans et les slogans deviennent vite des armes, alors que moi je cherche plutôt des outils, ceux qui nous rendent un peu moins cyniques et un peu plus capables de tenir ensemble. Chaque épisode proposera un geste concret, et ce geste sera volontairement petit, parce que c’est souvent par le petit que le pire gagne du terrain, et c’est souvent par le petit que le meilleur le reprend. Si vous ne lisez qu’un épisode, ce sera déjà bien, si vous les lisez tous, j’espère surtout que vous y trouverez un endroit où respirer, et peut être une envie de faire quelque chose, même minuscule.

Je publierai le lancement puis l’épisode I dans la foulée, parce que j’aime les débuts qui ne restent pas au stade de l’idée, et ensuite je garderai le rythme, un épisode tous les deux jours, pour que l’attention ne retombe pas. Suite au prochain épisode, donc, et tant mieux si vous restez.

Commentaires

Une réponse à “L’Arrêt public”

  1. […] L’Arrêt public commence par le langage, parce que tout commence souvent par une phrase. […]

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