En mai 2004, Zanzibar a eu cette manière très particulière de se donner sans se vendre tout à fait. Oui, c’est une carte postale, et même une carte postale insolente parfois, avec ses lagons turquoise, ses plages où la lumière semble avoir été inventée pour les photographes, ses palmiers qui font exactement ce qu’on attend d’eux. Mais ce serait mentir que de s’arrêter à ça, parce que Zanzibar est aussi une île vraie, habitée, quotidienne, avec ses contrastes et ses aspérités, et une densité humaine qu’aucun filtre ne sait rendre.
Au-delà du cliché, il y a Stone Town, ses ruelles étroites qui gardent la fraîcheur, ses portes sculptées, ses murs fatigués par le sel et le temps, ses odeurs mêlées de clou de girofle, de cardamome, de poisson grillé, de poussière chaude. Il y a le rythme des marées qui redessine le rivage plusieurs fois par jour, les boutres qui glissent au large comme si le vent connaissait son texte par cœur, les pêcheurs, les enfants, les gestes simples. Et puis il y a l’intérieur, les plantations et “l’île aux épices”, cette beauté moins immédiate, plus terrestre, où l’on comprend que Zanzibar n’est pas un décor mais un monde.










































