Bonjour à toutes et à tous,
Nous sommes en 2025. Oui, en 2025, c’est-à-dire à une époque où Star-Wars a eu le temps de devenir une galaxie administrative à lui tout seul, avec ses films, ses séries, ses livres, ses débats, ses guerres de chapelles, et cette capacité unique à transformer des adultes raisonnables en jurés d’assises dès qu’on prononce le mot “midichloriens”.
En cette fin d’année, je vous propose donc une parenthèse plus récréative, un petit détour par une mythologie moderne qui a fait beaucoup pour l’éducation populaire… et très peu pour la paix dans les repas de famille.
Vous suivez ? :)))))
Je pose d’emblée une règle simple, pour préserver notre santé mentale.
Dans cet article, nous ne parlerons que de deux blocs, seulement deux, rien que deux.
La trilogie originale et la prélogie.
Les épisodes IV à VI, puis I à III.
Tout le reste existe, bien sûr. En 2025, “tout le reste” existe même énormément. Mais ce sera pour un autre épisode, un autre courage, une autre nuit.
D’abord, situons l’univers, sans partir dans une chronologie à rallonge qui commence au Big Bang et finit en notes de bas de page.
Star Wars, c’est une galaxie politiquement instable, où l’on passe son temps à reconstruire quelque chose qu’on vient de faire exploser.
Il y a des institutions, des armées, des révoltes, des héros, des traîtres, des figures paternelles compliquées, et un principe invisible, omniprésent, qui ressemble à une spiritualité… mais qui a aussi le mauvais goût de déplacer des objets sans autorisation.
Vous suivez ? :)))))
Les deux trilogies dont on parle ici
La trilogie originale, la “première” pour ceux qui l’ont vue dans l’ordre de sortie, celle qui a fabriqué des générations de fans, dont moi.
Épisode IV, Un nouvel espoir (1977)
Épisode V, L’Empire contre-attaque (1980)
Épisode VI, Le Retour du Jedi (1983)
Ces films ont déclenché une vague de spectateurs qu’on appelle parfois “les historiques”.
C’est un terme aimable qui signifie, dans le fond, “ceux qui ont l’âge de dire : moi, je l’ai vu quand ça s’appelait juste Star Wars”.
Je fais partie de cette catégorie.
Je le dis sans honte, comme on avoue un vieux vinyle ou une première paire de baskets mythique.
C’est mon côté petit musée vivant.
Puis vient la prélogie, celle qui raconte ce qui précède, le moment où l’histoire bascule, et où la tragédie s’installe.
Épisode I, La Menace fantôme (1999)
Épisode II, L’Attaque des clones (2002)
Épisode III, La Revanche des Sith (2005)
Et là, forcément, on a vu naître une autre génération de fans.
Les plus jeunes.
Ceux qui n’ont pas “découvert Dark Vador”, ils l’ont toujours connu.
Ceux qui ne comprennent pas pourquoi certains adultes se crispent dès qu’on parle du Conseil Jedi, du Sénat, ou de cette phrase qui commence par “au nom de la démocratie…”.
La guerre des anciens et des modernes, comme toujours, se cache dans les détails.
On n’est pas obligés de la rejouer ici. On peut s’aimer malgré nos désaccords. Oui, même sur Jar Jar. Je sais. Je fais un effort.
Je résume ma lecture personnelle en une formule.
La trilogie originale est un conte mythique.
La prélogie est une tragédie.
Dans l’une, on apprend à espérer.
Dans l’autre, on apprend comment on se perd.
Et au milieu de tout ça, il y a la Force
On la comprend sans jamais totalement la définir, ce qui est le propre des grandes idées.
C’est à la fois un souffle, une énergie, une mystique, une tentation, une discipline, et parfois un prétexte à faire des choses très risquées en cape.
Obi-Wan Kenobi, dans Un nouvel espoir, donne la définition la plus célèbre.
« La Force est ce qui donne au Jedi son pouvoir. C’est un champ d’énergie créé par tous les êtres vivants. Elle nous entoure et nous pénètre. C’est ce qui lie la galaxie en un tout uni. »
Tout est là.
Une énergie née du vivant.
Quelque chose qui relie.
Quelque chose qui traverse.
Et, implicitement, quelque chose qui peut être utilisé.
C’est beau, c’est vaste, c’est dangereux.
Comme beaucoup de notions humaines, finalement.
Vous suivez ? :)))))
La lumière et l’ombre, ou comment la Force se scinde
Dans la grammaire de Star Wars, on parle du côté lumineux et du côté obscur.
Ce n’est pas seulement “les gentils contre les méchants”.
C’est plutôt une question de rapport à soi, à ses émotions, à son désir de contrôle, à sa peur, à sa colère, à son besoin d’aller vite.
Le côté obscur, dans l’histoire, n’est pas une couleur. C’est une pente.
Une pente qui commence souvent par une bonne intention, et se termine par une armure, une respiration mécanique, et une carrière professionnelle un peu toxique.
Pour rendre la chose plus lisible, l’univers propose deux traditions, deux ordres, deux manières d’habiter la Force.
D’un côté, les Jedi.
On peut dire, de manière simpliste, “les gentils”, même si leur sagesse ressemble parfois à une forme de rigidité institutionnelle.
Ils ont un mantra célèbre, souvent cité, qui ressemble à une discipline intérieure.
Il n’y a pas d’émotions, il y a la paix.
Il n’y a pas d’ignorance, il y a la connaissance.
Il n’y a pas de passion, il y a la sérénité.
Il n’y a pas de chaos, il y a l’harmonie.
Il n’y a pas de mort, il y a la Force.
De l’autre côté, les Sith.
Là aussi, simplifions en “les méchants”, même si le mal, dans Star Wars, a toujours une voix très convaincante.
Eux aussi ont un mantra, noir et volontariste, qui assume la passion comme moteur.
La paix est un mensonge, il n’y a que la passion.
Par la passion, j’ai la puissance.
Par la puissance, j’ai le pouvoir.
Par le pouvoir, j’ai la victoire.
Par la victoire, je brise mes chaînes.
La Force me libérera.
Et voilà.
Deux manières de dire “je veux vivre”.
Deux manières de dire “je veux maîtriser”.
Deux manières d’être humain, en fait, transposées dans l’espace, avec des sabres laser.
Ce qui est une manière élégante de parler de nous sans avoir l’air d’y toucher.
Fin de ce premier volet.
On s’est donné les repères, on a planté le décor, on a mis la Force au centre.
Dans la suite, je te propose qu’on s’intéresse à ce que le côté obscur raconte vraiment, non pas comme caricature, mais comme mécanisme, et qu’on regarde pourquoi cette tragédie nous fascine autant.
Vous suivez ? :)))))

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